2000, « Jardin de pierres »

Jardin de pierres : Symposium impressions/expressions urbaines, Gatineau, Québec 2000. Commissaire, Serge Fisette

«Le simple fait de transporter un objet naturel, telle une pierre, sur un site culturel, a pour effet de transgresser la frontière nature culture, et peut transformer cette pierre en œuvre d’art » Olafur Gislason

Le projet consistait à délimiter un espace près de la maison de la culture de Gatineau, de transformer et d’habiter cet espace avec des pierres recueillies ou extraites à partir de données précises, à même les gisements régionaux du rideau natural stone, de Aylmer(calcaire),la carrière Morrisson de Wakefield (Marbre brucite), la carrière Refractories Dresser Canada inc de Kilmar(serpentine)et de la carrière de l’Outaouais de Blackburn(dolomite).

« Jardin de pierres », 2000, calcaire, marbre, serpentine, féviers et thym, Symposium impression/expression urbaines, Gatineau, Québec
« Jardin de pierres », 2000

Ces pierres représentent la richesse et la diversité géologique de la région. Il S'agissait de sculpter chacune des cinq pierres recueillies, en m’inspirant de leur formation initiale, que ce soit la forme des cristaux qu’elles contiennent ou encore la sédimentation ou les accidents de parcours rencontrés dans un temps donné comme le frottement ou l’éclatement. Les détails inhérents à chacune d’elles ont été grossis provoquant une relecture de ces éléments de la nature. En y introduisant une préoccupation formelle rigoureuse, fondée sur une démarche minimaliste, la nature est représentée par elle-même sous la forme d’une installation sculpturale, à la fois abstraction puisque la forme donnée aux pierres à échappé à l’action réelle de la nature, et figurative puisque les roches demeurent des roches et que leur forme donnée rappelle l’action réelle de la nature.

Une ville est une prise de possession d’un espace naturel et sa transformation en un espace qui reflète la culture architecturale des humains qui l’ont créée. L’îlot que j’ai installé est une prise de possession symbolique de la nature sur la ville. Mais en même temps, il est aussi hommage à la nature sur laquelle et au centre de laquelle cette ville s’est développée. Le regard que l’on porte sur ces roches pourtant communes est neuf et différent : l’intervention sculpturale les soustrait à la nature, les transformant en objets d’art, en objet culturel et en même temps, elles sont toujours porteuses des carrières environnantes d’où elles proviennent.